7 mois à croquer la vie à pleine gencive !

Eh oui ! Ce sont les 7 mois de Lucie. Et eh oui ! Elle n’a toujours pas de dents au compteur malgré quelques intenses poussées dentaires et plusieurs bourgeons ! Un 7e mois sans grande évolution fracassante mais avec une amélioration toujours continue de ses acquis et une toujours plus grande joie de vivre (sans parler de l’amour immodéré et passionnel qu’elle voue à son chat et son père).Bulletin des 7 mois de Lucie

À côté de cette liste très scolaire, ils sont nombreux ces petits nouveaux trucs qui font la saveur de notre quotidien à ces côtés. Ainsi si le mois dernier Lucie trouvait enfin le chemin du pouce dans la bouche, ce mois-ci ce sont ses pieds qui en ont trouvé la voie…Manger ses piedsLes pieds de Lucie sont toute sa force et son énergie réunies, peut-être à cause des atèles qu’elle a porté les premières semaines de sa vie. En tout cas sa jambe droite est un indicateur de bonheur lucien, car tel Pan-Pan dans Bambi quand Lucie est heureuse, Lucie tape du pied !Taper du pied comme Pan-Pan

À côté de toute cette violence, son côté destructeur (que nous appelons affectueusement Lucie Kong) s’est également aggravé avec sa volonté de tester nos nerfs la gravité :
Test de la gravité Quelle déception dans son regard quand on rattrape l’objet avant qu’il ne se fracasse !

Nous avons également découvert chez Lulu un côté vénale, Jacques Séguéla ne renierait pas ma fille et son attrait pour les grosses montres avant ses 50 ans :Vénale

Le rampage quand à lui n’est toujours pas d’actualité (même si elle tient un bon début d’équilibre, assise comme debout), par contre pour dormir rien de mieux visiblement que la dernière tendance dite du cucul-en-l’air ; difficile pour Papa Chti de résister alors à la tentation du pan-pan-cucul !Pan-Pan Cucul

Une amélioration plus intéressante pour nous : Lucie suit enfin du regard notre doigt quand nous pointons quelque chose, cela évite ces situations embarrassantes où nous nous prenions de magistral vent de notre fille chérie…Montrer du doigt

En parlant de vent, Lucie avec ses sorties tri-quotidiennes dans notre résidence a découvert le vent ! Pas celui qui sent bon la rose mais celui qui s’engouffre en trombe entre les immeubles et la frôle, l’effleure, fait tourbillonner ses trois cheveux. Toutes ses sensations l’amusent follement et la font glousser de rire !Rire au vent

Oui j’ai bien dit glousser, comme une vieille sorcière. Et outre glousser comme une sorcière, Lucie grince comme une sorcière aussi. Bien souvent, quand nous allons la récupérer à la fin des siestes, nous la retrouvons allongée en train de caresser d’une façon maléfique un de ses doudous. Une vieille porte dont les gonds n’ont pas vu d’huile depuis belle lurette ne renierait pas non plus ma fille…

Grincer comme une vieille sorcière

Aussi, joyeux 7 mois notre petite fille, Papa et Maman sont fiers de toi ! 7 mois LucieN.B. : il y a 4 photos bonus cachées derrière des dessins

Un baroud d’honneur pour l’Hermione

Je suis habituée aux bouchons parisiens, par contre les bouchons dans le goulet de Brest, je n’avais pas encore pratiqué. Ce fut chose faite lundi dernier avec l’évènement qui agitait notre petit bout du monde : la frégate l’Hermione revenait en France après son premier transatlantique ! Quoi d’exceptionnel me demanderez vous ? Surtout pour une région habituée à fréquenter les vieux gréements et reconstitutions avec les fêtes de Brest ? Certes, mais l’Hermione est la réplique d’un navire symbole de la liberté et de l’amitié franco-américaine ainsi que la petite dernière de la grande famille des trois mats.BZH2015_ARRIVEE_HERMIONE_BREST_37Son original, sorti de l’arsenal en 1779, est une frégate armée de 34 canons placée sous le commandement du jeune lieutenant de vaisseau Louis-René-Madeleine de Latouche-Tréville. Cette Hermione conduisit en 1780 le marquis de La Fayette pour son second voyage vers les Amériques afin de porter secours aux insurgés américains, cette fois-ci avec l’appui du roi de France Louis XVI et des troupes françaises. La frégate accomplit plusieurs actions d’éclats contre les Anglais mais finira sa carrière bêtement au large du Croisic en 1793 sur un récif.

Si en 1779, alors que les chantiers navals français battaient leur plein, il ne fallut que neuf mois pour construire ce vaisseau de 46m de la poupe à la proue, portant 1500m² de voilure et dont le grand mât culmine à plus de 55m, en 1997 il fallut plus de 15 ans et une passion et une ténacité chevillées au corps pour mener à bien la reconstitution de ce trois mâts.

Le voyage inaugural de la reconstitution fut pour les Amériques, elle en revenait quand je l’ai croisé et autant vous dire que je n’étais pas seule…BZH2015_ARRIVEE_HERMIONE_BREST_55… mais que nous étions plutôt 200…BZH2015_ARRIVEE_HERMIONE_BREST_12… dont la frégate de la Marine nationale le Latouche-Tréville (vous noterez le judicieux choix du vaisseau de la Marine, clin d’œil au premier commandant de l’Hermione)… BZH2015_ARRIVEE_HERMIONE_BREST_89…et également le fringuant remorqueur l’Abeille-Bourbon (que vous saluez très très respectueusement quand il vous passe à côté et que vous êtes sur votre petite coquille de 10m de long…)…Rostre du remorqueur l'Abeille-Bourbon (mise en service 2005)À côté de ces mastodontes des mers, il y avait également la Recouvrance (reconstitution d’une goélette, mise en service 1992)…L'Hermione avec la Recouvrance de Brest (mise en service 1992)… la Belle-Poule, le navire-école de l’école navale, mis en service en 1932 et qui participa à la Seconde guerre mondiale dans les Forces navales françaises libres (à noter cet autre petit clin d’œil de la Marine nationale à l’Hermione : cette Belle-Poule est le 4e bâtiment à porter ce nom, le premier fut attaqué par la frégate anglaise Arethusa en 1778 et fut le casus belli de la déclaration de guerre de la France à l’Angleterre, il transporta la même année le traité d’alliance franco-américain signé et combattit activement l’Anglais durant la guerre d’indépendance américaine)…BZH2015_ARRIVEE_HERMIONE_BREST_49… le sloop Saint-Guénolé (1948), le côtre l’Angélus (1954) et le sloop le Général Leclerc (1948), …Devant l'Hermione et de gauche à droite : le Saint-Guénolé (1948), l'Angélus (1954) et le Général Leclerc (1948)… le sloop Loch Monna (1956)…Loch Monna, sloop coquillier (mise en service 1956)… ou plus moderne le Class40 Bretagne – Crédit Mutuel Élite barré par son skipper Nicolas Troussel, deux fois vainqueur de la Solitaire du Figaro (mise en service 2013)…Class40 Bretagne – Crédit Mutuel Élite (mise en service 2013) barré par son skipper Nicolas Troussel

Le spectacle était aussi en l’air : tout d’abord en haut des mâts quand les gabiers de l’Hermione commencèrent à carguer les voiles…Les voiles sont hissées, le port est en vue… ou quand un marin de la Belle-Poule décida de monter en haut chercher un meilleur point de vue pour ses photos… … et dans les cieux, le ballet incessant des deux hélicoptères…BZH2015_ARRIVEE_HERMIONE_BREST_85… voletant d’un point à l’autre : de la canonnade de salut de l’Hermione…Salutation aux coups de canon… à la réponse du Latouche-Tréville avec son canonnier en grand uniforme qui, sabre au poing, rythmait toutes les 10 secondes le coup de canon…Le cannonnier du LAtouche-Tréville en action… sans oublier au loin l’Abeille-Bourbon qui, remplaçant les canons d’artillerie par les canons à eau, refroidissait légèrement l’atmosphère alentour avec ses trois impressionnantes gerbes (le micro-climat brestois a enfin son explication !)…Les lances à incendie du remorqueur l'Abeille-Bourbon

Au milieu de tout ça, je dois vous avouer que je ne savais plus où mettre de la tête et que j’ai allègrement rempli les deux cartes mémoires de mon appareil photo. Bien entendu mon père et mon frère ne m’aidèrent pas du tout à rester calme et prirent un malin plaisir à me faire courir partout sur notre bateau (il y a 6 mois et demi, en sortant de la césarienne, j’aurai vraiment pas pu gambader ainsi, tel un lapin !).20150815-hermione-photo-1 20150815-hermione-photo-220150815-hermione-photo-3Si je devais conclure, je vous dirai que ce qui m’a le plus impressionnée de tout cette parade exaltante est le drapeau de l’Hermione qui est juste ÉNORMISSIME. Ce serait un drapeau donné par le porte-avion Charles-de-Gaulle, ce que je peux vous dire avec certitude c’est qu’il est à mon avis bien plus grand que la couette double dans laquelle je m’enroule chaque nuit !BZH2015_ARRIVEE_HERMIONE_BREST_62

Le long du canal Nantes-Brest, à l’écluse 146 de Coët Natous

En Bretagne, il y a mon pays de coeur : l’Armor (pays près du littoral) mais aussi l’Argoat (pays du bois/du bocage) avec lequel je suis beaucoup moins familière. Aussi c’est avec beaucoup de curiosité que j’ai découvert, avec la petite tribu de Blibli et Spunky, un bout des chemins de halage du canal Nantes-Brest.Écluse 146 de Coët Natous

L’idée de ce canal émerge dès le rattachement de la Bretagne à la France, au XVIe siècle, de désenclaver et développer la Bretagne centre grâce à une voie navigable la traversant de part en part. Faute d’argent et de suffisamment d’intérêts motivés, le projet est reporté et reporté et reporté indéfiniment jusque sous le règne de Napoléon où il devient un enjeu stratégique majeur. Brest et Lorient subissent un blocage maritime incessant de la flotte anglaise et sont totalement paralysées, sans approvisionnement en armes ou provisions.

Le projet est confié à l’ingénieur Guy Bouëssel en 1803. Huit rivières doivent être canalisées et trois montagnes traversées entre Nantes, Lorient et Brest. Soit 364km de canal sont à aménager, dont 67km totalement artificiels. Ce sera 238 écluses qui jalonneront le canal, dès que le dénivelé dépasse les 2 mètres.
En 1806 le chantier débute doucemet entre Nantes et Redon, en 1811 Napoléon passe un décrêt officialisant le début des travaux et l’emploi de prisonniers de guerre et condamnés pour sa réalisation. En septembre de la même année, la première pierre de la première écluse est posée.
C’est 20 ans plus tard, à la fin des années 1820,que les premières sections sont ouvertes à la navigation jusqu’à l’inauguration en grande pompe de la dernière écluse Guilly Glaz en 1858 par l’impératrice Eugénie .Écluse 146 de Coët Natous

Le canal permit effectivement un développement de la Bretagne intérieure, principalement autour de l’industrie ardoisière. Cependant, après avoir été attendu si longtemps et avoir mobilisé tant d’énergie et d’argent, il arrive trop tard et est très vite rattrapé par la modernité. Le chemin de fer, des bateaux-vapeurs plus gros que ceux halés au doux pas des chevaux et les premières routes le rendent trop petit et désuet à peine entré en fonction. Si bien qu’en 1923, une partie du canal (dont 17 écluses) sont englouties après la construction d’un barrage hydroélectrique par le lac artificiel de Guerlédan.

Le canal reste cependant une richesse pour le tourisme intérieur breton en proposant des promenades agréables et verdoyantes aux petits bateaux de plaisance, aux kayakistes, aux vélétistes et aux randonneurs. Une promenage agréable le long des chemins de halage ou aux lents rythmes des écluses…