Ni courageuse, ni forte, ni belle

Je vous ai évoqué de-ci de-là des bouts de l’histoire de ma césarienne. Mais l’envie m’est venu en lisant cet article : « Trois vérités sur les femmes qui accouchent par césarienne » d’en parler plus amplement, tellement cet article, un peu condescendant sur les bords (« lately I’ve been thinking », madame est trop bonne avec nous…) et plein de pathos (l’accouchement ce moment magiiiique qui fait naaaaître une feeeeemme), m’a fait bondir.

Avant (et pendant) l’accouchement, je ne connaissais de la césarienne que le plus basique : une ouverture dans le ventre pour sortir le bébé. Aucune femme dans mon entourage n’avait encore accouché ainsi, Lucie est la première césarisée que je connais. De la même façon lors des cours de préparation à l’accouchement, si j’ai eu des cours de poussées, de respirations, de relaxation, etc. la césarienne n’a quasiment pas été évoqué. « Pour ne pas faire peur ».

Je vous ai déjà dit aussi qu’avec ma césarienne, je n’avais pas eu l’impression d’avoir accoucher. Au final, je n’ai été qu’un corps allongé sur une table qu’on ouvrait pour sortir le paquet, je ne suis pas vraiment pour grand chose dans la naissance. Ce n’est pas pour autant que j’en suis triste : l’accouchement n’était pas une fin en soi pour moi, juste un moyen de faire naître ma fille. Elle est née autrement que la voie classique, par la sortie d’urgence, mais ce qui comptait pour moi c’était qu’elle soit dehors.

Est-ce que j’ai été courageuse lors de la césarienne ? Non. Où est le courage quand l’alternative est un risque vital pour son bébé ? J’étais prête à être ouverte directement dans la salle de travail sans qu’ils ne prennent le temps de me conduire au bloc et de me tartiner des pieds à la taille de bétadine. Où est le mérite à être étendue pendant qu’une équipe s’active derrière un carré de tissu, étendue à attendre qu’on sorte mon bébé ?Ouvrez-moi !

C’est l’après-césarienne qui est difficile, une fois l’adrénaline et la morphine dissipées, quand les hormones en pagaille et la nouvelle lourde responsabilité d’un petit têtard écrasent nos épaules. Est-ce que j’ai été forte après la césarienne ? Non. Je n’avais pas le choix : il fallait bien s’en occuper de cette mini-crevette que nous avions conçu ! Césarienne ou pas, il fallait bien que mon corps se remette à fonctionner. Même si j’aurai volontiers supplié les infirmières de me remettre la sonde urinaire tellement aller aux toilettes était compliqué les premiers jours ! Si je me suis levée sans aide 10h après la naissance pour trotter jusqu’à la néonat’ pour voir mon bébé, c’était juste une pulsion animale maternelle, rien d’exceptionnel.Redonnez moi une sonde urinaire !

Est-ce que je suis belle avec mes cicatrices ? Oh oui… magnifique avec mon ventre qui joue à floppi-floppa, mes belles vergetures et mon sourire de zombie ! Mais qu’est-ce que cela peut me faire d’être belle ? Si j’ai eu peur de regarder à nouveau mon bas-ventre le pansement enlevé, j’ai depuis apprivoisé ma peur et repris possession de mon corps. Les vergetures s’atténueront, ma cicatrice se recouvre de poils et mon ventre continuera probablement de floppipoter en rythme avec ma poitrine ! La belle affaire ! En échange de ça j’ai le plus beau des bébés du monde ! (#lamère100%objective)Ventre floppi-floppa

Je n’ai été ni courageuse, ni forte, ni belle, j’ai juste rempli mon job de maman. Le seul courage que j’ai eu a été de décider de tenter notre chance à la loterie des bébés, et encore, ça, ça se rapproche plus de la folie douce que du courage !

Est-ce que je regrette mon accouchement ? Non. Sans césarienne, Lucie ne dormirait peut-être pas dans son petit lit en bois de hêtre mais plutôt sous une petite pierre froide dans un champ de désolation. J’ai beaucoup plus de regret à voir les femmes enceintes au ventre tout rond, moi dont le ventre n’a pas su protéger mon bébé.

Si les débuts ont été difficiles, si j’aurais aimé avoir été plus informée en amont et en aval sur les césariennes et leurs suites, si j’ai toujours des douleurs occasionnelles restantes presque 4 mois après, dans tous les cas je n’ai pas été plus courageuse, plus forte ou plus belle que n’importe quelle femme. Je suis juste devenue maman et je ferais de mon mieux pour assumer le job.

Le fantôme de la maternité

Le fantôme de la maternité

Et la lumière fut !

Il y a un an exactement, j’achetais sur le chemin du boulot, le cœur légèrement tremblant, une boîte contenant deux tests de grossesse.Achat du test de grossesseAprès cette question un peu indélicate, j’allais devoir attendre, jetant toute la journée des regards de coin au petit sac de la pharmacie caché dans mon sac à main,  pour retrouver mon Chti et vérifier avec lui ce que nous soupçonnions depuis plusieurs jours : une Mogwaï allait advenir pour de vrai 8 mois plus tard…Simba-LucieUne toute nouvelle aventure qui se prolonge aujourd’hui par un nouveau quotidien

Lucie, le web et moi

Avant que la Mogwaï ne naisse, nous nous sommes posés la question avec le Chti : publierons-nous des photos de Lucie sur Internet ? Nous avions plutôt dit non, ou alors de dos. Puis Lucie est née et rien ne s’est passé comme prévu : je me suis vite retrouvée seule dans ma chambre, en tête à tête avec le doudou qui devait décorer son petit berceau. J’ai alors posté quelques photos sur Instagram et Facebook et y ai reçu beaucoup de soutiens de mes amis en ligne. Cela m’a fait du bien à cette période où je n’étais pas méga jouasse. Lire vos gentils commentaires, vos mots de soutien m’occupait pendant mes nuits.

Petite crevette #latergram #lucie

Une photo publiée par Ragnagna des Bois Jolis (@ragnagnagram) le

Cette habitude est restée une fois sortie de la maternité. J’aime partager les clichés de mon quotidien avec bébé, tous ses progrès, toutes ses bêtises, ses rires. Et pour la famille c’est si pratique, chacun peut la voir grandir et évoluer à distance. Mais il y a quelques jours, suite à la lecture de cet article de Freaky Family, j’ai souhaité remettre en question mon habitude. Cela m’a rappelé que le monde n’était pas tout rose, que d’un coup depuis que je poste des photos de Lucie plein de nouvelles personnes se sont inscrites sur mes petites pages qui étaient à public très limité. Des personnes que je ne connais pas forcément bien.

Il fait peut-être moche dehors mais Monsieur Soleil il fait beaucoup rire Lucie ! Une vidéo publiée par Ragnagna des Bois Jolis (@ragnagnagram) le

Que faire ? J’ai alors réfléchi à mon usage du web… J’ai eu accès à Internet en 2001. Le sésame précieux était dans un coin derrière le bureau de mes parents, sur un ordinateur professionnel racheté au boulot de mon papa. J’ai squatté leur bureau et explosé de très nombreuses fois notre forfait en surfant à vitesse grand E (comme escargot, la fibre c’était pas ça à l’époque hein !) sur le web à la recherche des premières photos du film à venir (La Communauté de l’Anneau) ou en tchatant avec Gaëlle sur MSN lors de notre rendez-vous hebdomadaire du dimanche matin (décalage horaire France – Arabie Saoudite oblige).

Mes parents m’avaient juste laissé une grosse consigne : Internet n’a pas besoin de connaître ton adresse et qui tu es. J’ai donc créée mes premiers pseudos et mes premières fausses adresses et je me suis jetée dans le grand bain. Puis j’ai commencé à rencontrer des amis d’amis sur MSN, puis à jouer à un petit jeu en ligne où j’ai rencontré des personnes-du-grand-web dont une en particulier qui m’a ensuite entraînée de jeux en jeux. Je savais qu’Internet était potentiellement réellement dangereux mais ces personnes avec qui je passais mes soirées, avec qui j’échangeais oralement via TeamSpeak ou Skype tous les jours, j’avais le sentiment de les connaître aussi bien, voir mieux, que mon voisin que je croisais tous les jours.

Internet est mon passe-temps préféré, entre jeux vidéos en ligne, blogs et réseaux sociaux, etc. Je l’écumais donc depuis 10 ans quand j’ai finalement ouvert mon premier vrai blog. Je me raconte en dessins dessus depuis et j’ai bien compris que j’étais incapable de dissimuler des choses. Il est devenu mon journal du quotidien et à travers mon blog j’ai rencontré des personnes avec qui j’ai développé de grandes affinités. Des personnes qui ont pensé à moi le jour de mon mariage et m’ont envoyé des cadeaux, des personnes qui ont pensé à Lucie et lui ont envoyé des présents de naissance (en passant : merci encore à vous toutes <3).

Eh ça fait du bruit le truc à mon bras ! #itbag2015 #monpremierhochet #merci @mapetitepageblanche

Une photo publiée par Ragnagna des Bois Jolis (@ragnagnagram) le

Certaines de ces personnes sont aujourd’hui des amis fidèles, un certain de ces personnes est mon mari et géniteur de mon enfant. Je suis donc bien placée pour savoir que le web peut apporter le pire comme le meilleur. Comme me l’a démontrée encore une fois la semaine dernière la Mère Dodue qui a gentiment envoyé à Lucie cette tenue Minnie toute neuve trop petite pour sa fille (ainsi que des jolies sandales d’été !), juste parce qu’elle connaissait ma Lulu en photo.Minnie LuciePS : cette tenue semble en plus être régurgitationproof, elle a arrosé son lange et le matelas, mais rien sur elle, youhouuu !

Le lit de mon bébé

Voilà, je suis en retard dans plein de tags, mais j’ai envie d’en lancer un… En fait l’autre jour, j’ai reçu un mail de la maman du copain de couveuse de Lucie à la néonat. Elle avait joint des photos de son fiston dans son lit, et là un truc m’a sauté aux yeux : le lit de son bébé était immaculé comme la Sainte Conception !20150430-tag-lit-1Et là j’ai regardé le lit de ma Lulu (le bébé qui ne dort pas du tout sur la photo là)… 20150430-tag-lit-3et je me suis dit…20150430-tag-lit-2Je me suis demandée, et si le lit de notre bébé n’est pas révélateur de notre personnalité à nous le parent ? Avant de devenir révélateur de la sienne plus tard ? J’ai partagé mon sentiment au Chti qui m’a répondu… 20150506-tag-lit-3

Et là soudainement j’ai voulu lancer un tagàlakon : 20150506-macaron-litJe demande donc aux papas et mamans qui me lisent et qui veulent bien partager une photo du lit de leur petit (avec ou sans bébé dedans, en commentaire ou sur leur blog, …) : c’est (ou c’était) comment chez vous ?

Et je tag en particulier les mamans d’encore-tout-petit que je connais bien :

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Édit du 21/05/2015 : je réunis ci-dessous les participations que j’ai pu lire (hésitez pas à me dire si j’en ai raté !). En remerciant vivement les papas et les mamans d’avoir partager ces images des nids de leurs petits !

Ça va devenir un carnet d’inspiration déco c’te tagàlakon si on devient nombreux !