Deux grands nigauds de 30 ans

Pour Noël et son anniversaire, Lucie a eu un ensemble d’accessoires de dînette ainsi qu’une petite cuisine. On sentait qu’elle avait l’envie de faire comme Papa et de cuisiner ces petits plats !
Et c’est comme ça que nous nous sommes retrouvés, son père et moi, sagement assis en tailleur sur son tapis tandis qu’une Lucie ravie nous servait avec amour et profusion…On s’est regardé et on a bien rigolé à se voir ainsi, deux grands nigauds de 30 ans avec nos petites assiettes en plastique ! Si elle refuse de se nourrir, elle nous gave nous comme des oies !

Retrouver le plaisir de se plonger dans un (bon) livre

Avant même de savoir lire, j’avais le nez plongé dans les livres. Je suis née dans une famille de lecteurs et j’ai grandi entourée de livres, forcément ça laisse une trace ! Je piquais dans les livres de mon grand frère ou de mon père et pendant longtemps j’ai fait la lecture pour mon petit frère le soir. Les sorties Fnac, c’était notre pêché mignon familial : nous partions mes frères et moi en chasse et revenions avec des piles de livres que nos parents nous achetaient sans sourciller.

Bref j’aime lire et je lisais beaucoup… Lisais car un jour je suis devenue étudiante et je n’ai plus eu autant de temps (ni de sous) pour m’allonger sur mon lit la tête dans un bouquin !! Heureusement il me restait les longs transports en commun pour m’évader encore avec un livre…

Puis Lucie est arrivée, et là lire est carrément devenu mission impossible ! J’ai jamais dû aussi peu lire que les années 2015 et 2016. Un vrai désert aride ! Aussi quand le Chti m’a demandée à Noël ce qui me ferait plaisir, je lui ai demandé avec mes yeux de chat potté (ceux où il me dit toujours « laisse tomber, j’ai eu deux sœurs ») une liseuse pour lire dans la pénombre de la chambre de Lucie lors des mauvaises nuits… J’avais toujours déconsidéré l’idée par affection pour le livre papier mais il faut reconnaître que c’est rudement pratique une liseuse… et que depuis je ne décroche plus ! En moins d’une semaine j’ai avalé 3 bons bouquins et j’entame joyeusement le 4e ! Sans compter que mon Papa s’est aussi pris une liseuse et me partage sa bibliothèque comme quand j’étais enfant, à distance ! Merci Papa !

La visite des 24 mois avec le sourire

Ce soir c’était le rendez-vous des 24 mois pour Lucie, un examen de routine pour son suivi médical, sans grands enjeux autre que rassurer les parents pour la majorité des cas.

Il faut savoir qu’il y a déjà tout un historique entre nous et sa pédiatre : au premier rendez-vous nous avions été vertement reçu suite à nos 7 minutes de retard (pauvres parents débutants qui n’avaient pas encore compris que pour partir avec un enfant il fallait prévoir plus que 5 minutes de préparation – surtout quand l’enfant en question une fois harnachée et équipée décide de déposer une grosse fleur malodorante dans sa couche toute neuve et propre…) et nous étions repartis avec la fameuse ordonnance pour les premiers terribles vaccins.

Le cœur tremblant nous étions arrivés au rendez-vous suivant, les vaccins dans le sac. Et là ce fut l’apocalypse, le drame, la Bérézina. Bref, on a vacciné Lucie et à partir de ce jour à peine posée sur la table d’examen elle s’époumonait jusqu’à ce que l’on repasse le seuil du cabinet où comme par enchantement elle retrouvait son sourire.

On en a soupé des rendez-vous plein de larmes et de cris de protestations, qu’un vaccin vienne ou non conclure la séance et que des mois se soit écoulés entre les rendez-vous.

Pour le rendez-vous des 21 mois, pleine de motivations et d’espoirs j’avais lu et relu jusqu’à l’overdose à Lucie « Petit Ours Brun chez le docteur », j’avais joué avec elle le rendez-vous avec des figurines de Docteur Ours et Petit Ours Brun, j’avais regardé le dessin animé de Petit Ours Brun chez le docteur. J’avais tout tenté et ça avait marché ! Lucie avait laissé la pédiatre l’approcher, avait très sagement joué avec les jeux proposés, s’était laissée mesurer et ausculter (je vous dit pas le soulagement pour nous).

C’est pourquoi ce soir on y allait plutôt confiant, se disant que Lucie serait dans le même geste (et puis j’avais bachoté à nouveau le sujet avec elle !). Mais on ne pensait quand même pas que ça irait bien au point que la pédiatre sans l’avertir la prendrait dans SES bras pour la mener à la pesée et que notre sauvage Lucie se laisserait faire docilement et aimablement.On était sérieusement comme deux ronds de flan !