Amoureuse, toujours

Ce matin je me suis réveillée amoureuse, toujours. Que ce soit à 4h quand j’ai dû me lever pour nettoyer le vomi de Plume et qu’à mon retour sous le drap, il est venu, assoupi, me prendre dans ses bras pour me serrer contre lui, ou à 8h du matin quand Lucie m’a appelée pour le biberon du matin et qu’il était déjà parti, en catimini, pour le travail.

Pourtant nous sommes plus fatigués qu’à nos vingt ans, plus soucieux aussi avec les responsabilités qui se sont accumulées depuis la naissance de Lucie. Il a fallu construire un nouvel équilibre à trois, le temps pour nous s’est réduit comme peau de chagrin et nous traversons chaque évolution de Lucie comme un grand huit : des coliques à ses sourires et câlins, des dents à ses premières fois.

Il a fallu également que je m’habitue à ne plus être l’unique reine du cœur de mon Chti, il y a maintenant une concurrente de taille ! Cette petite princesse qui le fait sourire dès qu’il franchit le seuil de la porte le soir, chassant de son cri de joie tous les nuages du travail.Lucie au pays des merveilles

Mais notre moment à nous, ma dose de Juju nécessaire pour une journée, c’est le soir, c’est la nuit. C’est papoter ensemble tandis qu’on se lave dans l’eau gelée du bain de Lucie, trois heures après elle. C’est avoir un gros fou rire en constatant que, tandis que nous nous lavions, Plume avait vomi sur notre couette (et à ma place) avant d’aller se coucher l’air mi-penaud, mi-désolée au pied du lit (oui deux fois dans la même nuit, vive la saison de la mue). C’est se battre en pouffant pour savoir qui aura à ses pieds la partie de la couette avec ce doux parfum millésimé 2016 « thon en croquette ».

Merci mon Ju d’être là pour moi, pour nous.En famille

« Les filles sont plus calmes que les garçons »

Ça ne vous a pas échappé, je suis la maman d’une petite fille. Et en tant que maman de petite fille, il y a une phrase que j’entends très régulièrement de la bouche de mamans de garçons regardant un peu catastrophées leurs enfants courir et se dépenser : Les filles sont plus calmes que les garçonsJe dirais même que je suis plutôt sûre que cette idée-reçue est une belle ânerie ! Ou alors que quelqu’un mette au courant mon modèle XX à moi que le gêne casse-cou est uniquement sur le chromosome Y !Les filles sont plus calmes que les garçonsEn revanche il est vrai qu’un garçon sera moins « bridé » dans son enthousiasme et plus valorisé pour son énergie qu’une fille qui se doit d’être belle et propre sur elle plutôt qu’active.Les filles sont plus calmes que les garçonsAu fond calme ou tornade, selon moi, c’est d’abord une affaire de caractère (tempéré ou non par l’éducation) avant d’être une affaire de sexe.

PS : une image bonux se cache sur cette page de mamzelle c’est-trop-fun-debout-sur-le-porteur

Déclarer ses impôts ou de la complexité de la probité

Avril a sonné, c’est donc la chouette saison de la déclaration au fisc ! En effet, je fais partie de la joyeuse bande des petits chanceux qui payent des impôts depuis plusieurs années maintenant. Un grand moment qui, depuis le début et toujours, m’angoisse terriblement ! Reine de la procrastination en temps normal, pour les impôts je fais de l’anti-thévenouïtte aiguë en réglant immédiatement dès réception afin d’éviter tout retard.

Il faut reconnaître que cette année les impôts débutaient bien : après 2 années de lutte, notre nouveau nom de famille était enfin correct, pour tous les deux !! Inespéré ! Je commençais sérieusement à douter et à me demandais si je n’allais pas abandonner, surtout après que les impôts se soient mis à changer mon nom de naissance ou que la banque m’ait envoyée une fin de non-recevoir « parce que le logiciel ne peut pas changer le nom de famille des hommes » (moderne le logiciel…). Je n’y croyais plus !Télédéclarer ses impôts

C’est pourquoi hier, une fois mes corvées quotidiennes réalisées et après avoir vérifié que Lucie était toujours profondément endormie, j’ai pris mon courage à deux mains, une trèèès graaande inspiration de zénitude et je me suis connectée sur le site impots.gouv.fr.Télédéclarer ses impôtsEt là, malgré les riantes patates de Monsieur Vidberg, très vite, je me suis retrouvée noyée sous un jargon auquel je ne vois goutte, avec la grosse impression de rater des choses après une année 2015 chargée entre salaires, naissance, congé maternité, congé parental, chômage et auto-entrepreneuriat balbutiant…Télédéclarer ses impôtsTélédéclarer ses impôtsBref, j’ai télédéclaré mes impôts. Enfin… je crois !

Mamma mia !

Les bébés évoluent et grandissent par phases. Une régression souvent précède une acquisition. En ce moment, je trouve que Lucie a besoin de beaucoup de câlin pour la rassurer. Aussi quand je sens que c’est nécessaire, je lui ouvre mes bras et lui propose verbalement un câlin.

En général, elle se précipite alors contre moi, ses petits bras grands ouverts, et m’escalade les cuisses avec ses petits pieds pour se lover contre moi quelques secondes. Puis, vite rassérénée, elle repart en courant à ses activités.

Autant vous dire que recevoir plein de câlins, avec son père, nous sommes plutôt emballés par cette phase ! On a même inventé le ping-pong-lulu : on se fait des passes de Lulu et aucun de nous trois ne se lasse encore !Ping-pong câlin

Mais ce matin, j’ai eu un câlin un peu particulier, un câlin au goût de première fois, une première fois qui m’a prise par surprise, une surprise qui m’a bouleversée le cœur… Première fois mamann dessin Première fois mamann dessinCertes après elle n’a pas renouvelé l’exploit…Première fois mamann dessin… mais je l’ai eu mon premier « maman ».

Premier sang pour parents débutants

C’était un samedi comme les autres. J’avais changé Lucie et lui avais mis un collant pour préparer la sortie au parc du soir, elle avait fini son goûter et jouait autour de Plume et du canapé, le Chti lui était assis à son PC à côté et papotait avec moi qui finissais mon goûter à table, surveillant du coin de l’œil Lucie. Un samedi comme les autres.

Il a suffi que je détourne mon regard une minute afin de regarder son père pour que le malheur arrive. Un grand BOUM suivi de gros sanglots de Lucie. Face contre terre, elle ne se relève pas et nous appelle de cris déchirants. Des chutes depuis qu’elle marche, on en a vu ! Un gros câlin pour les plus durs et ça repart !

Je la ramasse donc et la câline tandis qu’elle se presse contre moi, frottant son petit museau tout fripé de chagrin contre moi. Sauf que là, mon tee-shirt s’est retrouvé coloré d’une couleur alarmante…Premier sang 01La chair de notre chair, le sang de notre sang, la prunelle de nos yeux saignait !! Le Chti s’est jeté à côté de nous, bouffés d’inquiétude nous essayons de regarder ce qui saigne tandis que Lucie continue de pleurer et pleurer en se serrant contre moi.

Est-ce les gencives ? Est-ce les lèvres ? Est-ce le nez ? Est-ce que les dents sont atteintes ? Et si elle était défigurée comme la fille au collège dans la classe du Chti ? Et si une dent pourrissait suite au choc comme une amie nous avait raconté ?!

Un peu Totalement dépassés, nous avons appelés au secours des parents déjà expérimentés, avides de conseils et de paroles réconfortantes : on a bien été reçu !Premier sang 02Bon… c’est pas faux… deux jours après il n’y est plus rien mais bon… on a bien eu peur.

Parents débutants 0 – Parents expérimentés 1

Quand Papa raconte Mogwaï (2)

Le Chti avait commencé à vous raconter le début in utero de son histoire avec Lucie, voici la seconde partie de son récit avec sa version de notre longue épopée nocturne. Il y revient sur la pire nuit de sa vie.

  • 25 janvier 2015 : la nuit de l’accouchement / aka euh… bah notre première nuit à trois

Nous sommes arrivés à 19h41, direction salle d’attente, en se demandant bien si nous allions repartir ce soir. Nathalie, la sage-femme était très sympathique et essayait de nous rassurer. Je passe les détails mais tout s’est enchaîné, plusieurs changements de salle, pas de contractions de travail, des contractions de travail, boost artificiel des contractions, pas de boost, le bébé va bien, le bébé va mal, voie naturelle, césarienne d’urgence…Le dédale de la maternité

Dernier changement de salle pour la future Maman, nous avons demandé à ce que je vienne et donc je reste en arrière pour me changer en tenue « d’opération » (non mais juste pour assister, hein ?! Je n’allais pas découper pas Femme surtout avec le bébé encore dedans !).

Donc je me change, et je me retrouve seul dans le couloir, Nathalie ressort et me ramène un tabouret … pour l’attente. Et quelle attente… plusieurs minutes à se tourner les pouces, sans savoir ce qu’il se passe.Césarienne, l'attente du Papa

Finalement, l’anesthésiste vient me chercher. J’arrive au chevet… (Une table d’opération en forme de croix…) et ma moitié ne me reconnait pas sur le coup mais un peu après. Et là, je tiens compagnie, caché derrière le grand rideau nous cachant ce qui se tramait au niveau du ventre. Nous n’entendons que les paroles « Mais elle est où ? », « Elle est plus au fond », ou les bruits « Sllllluuuuuuuurrrppslurrpppsslurpslurpslurpppss »… Et il ne faut surtout pas oublier les commentaires de l’intérieur du ventre de Kiki par l’anesthésiste….Blague d'anesthésiste

Finalement, Nathalie arrive en tenant un petit être au sein d’une couverture et nous annonce le poids du bébé « 2 kg 0 – 8 », j’étais surpris, mais moins que la Maman qui comprend de travers « 2 kg 8, un peu plus que sa Maman, je faisais 2k4 » avant de se faire reprendre « 2 kilo – zéérroo – huit ». Et là, elle comprend que c’est une vraie petite crevette, loin des 3kilos 250 vendus par le gynécologue.Maman n'a rien compris !*NDLS (note de la souris) : je pesais 2,4kg à la naissance, avec un mois d’avance

Pendant le rafistolage du ventre suite à la césarienne, on m’emmène assister au premier nettoyage de Lucie : 37°, elle commençait déjà à râler comme sa mère, avec de tout petits cris. Elle est allongée et mesurée, 45 centimètres et quelques. Elle se tortille déjà un peu pour montrer son désaccord d’être manipulée de la sorte (c’est bien une fille). Je suis ensuite conduit à la suite de la Sage-Femme et Lucie au service néo-natalité. Je ne connaissais que de nom, l’auxiliaire puéricultrice de garde, très sympathique, m’explique les raisons de la présence de Lucie ici : « trop petite », « trop faible pour la température », « suivi plus poussé en raison de son gabarit », « divers tests », « intraveineuse ». Je reste avec Lucie, seul, dans une quasi-obscurité, après qu’elle fut mise dans sa couveuse… son caisson. Je fais quelques photos pour sa Maman, qui n’a pas encore eu la chance de véritablement la voir. Une pédiatre passe dans la pièce, se présente et me demande pourquoi Lucie fait ce poids… Dans ma tête une pensée violente tambour mon crâne, mais je la retiens.RCIU, merci la pédiatre

Elle repart me laissant de nouveau seul avec bébé Lulu. En la regardant, une certaine culpabilité s’empare de mes pensées, nous avons beau nous convaincre que nous n’y sommes pour pas grand-chose, la voir dans sa boîte, isolée, avec ses câbles, nous empêche de penser à autre chose.

Quelques minutes après, je rejoins la Maman qui est allongée sur un lit, seule, tout aussi isolée si l’on ne compte pas l’infirmière qui vient voir l’évolution de son état toutes les quinze minutes et ne dit quasiment pas un mot. Elle ne peut quasiment pas bouger à cause de l’anesthésie. Je lui montre les photos de sa fille qu’elle n’a pas pu voir depuis le passage dans la salle d’accouchement. Je reste à ses côtés, au moins je peux la soutenir elle.Première nuit, culpabilité

À un moment, la pédiatre passe la voir, se présente et lui pose la même question « Comment cela se fait qu’elle fait ce poids ? »… ma pensée revient me tirailler, cherchant un moyen de sortir se jeter sur cette personne.RCIU, merci la pédiatre

Nous ne répondons pas… Elle repart nous laissant de nouveaux seuls jusqu’à ce que Kiki aille suffisamment mieux pour aller à sa chambre, en passant par la couveuse de Lucie bien sûr. Nous y sommes restés quelques minutes à la contempler, sans la toucher, juste en chuchotant avant de partir vers la chambre nous reposer, sans pouvoir emmener Lucie.

La première nuit à l’hôpital ne fut pas pour moi ce que l’on peut appeler une Nuit… J’essayais de dormir sur le fauteuil… mais toutes demi-heures l’infirmière de garde me faisait sortir pour prendre la tension et vérifier la cicatrice. Je devais attendre dehors dans le couloir.

Et ceci, jusqu’au matin…La sympathique infirmière

  • Lucie césarisée / aka les suites de la césarienne sur ta femme

Lucie est donc née par césarienne… Cela me laisserait indifférent si cela n’avait pas entaché le séjour à la maternité de Kiki. Même si celle-ci s’était bien passée, elle était dans l’incapacité de faire le moindre mouvement au niveau du ventre, s’assoir, se relever, s’allonger, rigoler… tout cela faisait mal. De plus, au lieu des trois jours de séjour pour un accouchement voie basse… du fait de la césarienne et que Lucie était en couveuse, elle devait passer au moins 7-8 jours à la maternité. Mais Aki est une tête de mule, surprenant les infirmières, elle s’est très vite rétablie… enfin, suffisamment pour faire des allers-retours à la néo-natalité pour voir sa Fille qui est une motivation suffisante pour braver la douleur.Fou rire et césarienne ne font pas bon ménagePar contre, plus tard, à la maison, cela a mis plus de temps avant que les mouvements du quotidien redeviennent quasiment naturels.

  • Néo-nat, RCIU et mini-crevette / aka la première semaine à l’hosto

La première semaine a été plutôt fatigante : faire des allers retours tous les jours entre la maison, l’hôpital, … , faire des courses de dernière minute car la puce est beaucoup plus petite qu’une crevette, trouver des places de parking où il n’y en a pas sans se garer en dehors d’une place (je n’aime pas ça) qui est payant en plus comme la majorité de Versailles, faire les allers-retours au service néo-natalité aux heures de repas de bébé Lucie et jongler avec les horaires,… et le soir à 22 heures, 23 heures, se faire un mini repas avant d’aller se coucher pour se lever à 6h le lendemain matin et recourir toute la journée.Les soirées de nouveau Papa à distance

  • Le retour et les débuts de la vie à trois / aka le retour 2, les difficultés du début

Le retour à la maison a été plutôt difficile. Même s’il était (très) fortement attendu par la Maman (ce que je comprends), il n’était pas joie et émerveillement.

C’était assez déstabilisant de rentrer avec une nouvelle pièce détachée (huhu). Il a fallu en plus faire les présentations avec Plume.

Mais passé cet instant c’est une période de doute qui s’est installée : sommes-nous capable de nous en occuper pendant ses premières semaines de sa vie ? Il faut le comprendre, je pense que la majorité des nouveaux parents se posent des questions, ont des doutes, mais nous avions une couche supplémentaire : notre bébé avait un poids extrêmement léger et une petite taille (elle tenait facilement allongée sur mon avant-bras), nous n’avions pas le droit à l’erreur. Nous devions la peser extrêmement régulièrement, vérifier avec exactitude la quantité bue, etc.Des débuts de nouveaux parents angoissés

Des personnes, certaines qualifiées, ont beau vous dire qu’un nouveau-né n’est pas si fragile que cela, ce n’est toujours pas assez rassurant.

Il faut rajouter à cela que nous n’avions pas de suivi de prévu, malgré que nous sortions de la néo-natalité. Et si nous faisions tout pour donner le biberon à Lucie nous-même en néo-nat, nous n’avions passé que peu de temps (tout est relatif) avec Lucie en dehors de ces heures de repas car elle était dans sa couveuse, ou son berceau à l’abri.

Et pour compliquer le tout, ma moitié n’était qu’au huitième de ses capacités…Se remettre de l'accouchement et assurer ses nouvelles responsabilités

  • Être Papa / aka ton nouveau rôle, ta nouvelle responsabilité, ta petite fille

Être Papa… définition ? Bonne question … Pour moi, pour le moment, c’est aider le petit bout de nous à se développer, à apprendre, l’aider, le supporter (dans tous les sens du terme) dans les moments difficiles et les moments heureux. C’est accepter ce petit être et lui laisser pendre de la place dans sa Maison, dans sa Famille. C’est une définition qui évoluera avec le temps, avec Lucie…

Pendant un moment, être Papa, c’était la porter tous les soirs ou se faire promener dans l’appartement pendant qu’elle le visitait en marchant.

En ce moment, c’est la suivre pendant qu’elle « court », lui faire comprendre les mots, lui apprendre à se laver les dents, entasser les jouets qu’elle ramène, danser avec elle, lui faire le câlin et bisous pré-dodo.Notre moment à trois, le brossage de dentsPlus tard ce sera peut-être accueillir les prétendant(e)s avec un fusil ?

  • BB2 / aka prêt à rempiler ? Quelles erreurs éviter au prochain ?

Il va falloir m’offrir de longs mois de vacances le temps que j’arrive à dormir correctement pour me préparer à de nouvelles nuits blanches/difficiles/coliques.Alerte fin de batterie

Les erreurs à éviter au prochain ? Ne pas se remettre en doute quand quelque chose nous inquiète et que les médecins nous donnent tort… Car nous aurions très bien pu la perdre…

Lucie et Papa, 2 jours